Souvent la question se pose du plaisir de l'entendre, de la jouissance de l'écoute du plus petit, de l'infime, d'une variation de souffle du déplacement des choses; de la position de ces choses l'une par rapport à l'autre, de leur mouvement continu ou soudain. Cet infiniment petit du son joue de notre perception croisée de l'intérieur et de l'extérieur. Cette presque hallucination membranaire nous donne la jouissance de la possession fugace de l'instant de l'écoute;
Quelque chose à bougé, au loin et pourtant ce qui vibre est minuscule et fait déjà parti de mon intérieur. Je crée donc ce lien fugace et néanmoins vertigineux entre deux points de présence presque instantané; mais c'est ce presque, cette ligne vibratoire, ce déplacement d'air presque matériel qui étends mon corps dans l'espace et dans le temps déconstruisant brièvement un agencement des choses visible et mesuré.
Cette permissivité des états, des corps et des espaces dans lequel nous plonge l'écoute nous garde dans le sourire du merveilleux.
p2b/dec 2010

